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La matière première: le plasma humain Dans la majorité des cas, il n’existe aucune alternative thérapeutique aux protéines plasmatiques, leur spécificité se situant dans l’origine biologique de leur matière première : le plasma humain.. De par leur origine biologique, la sécurisation de ces médicaments est donc une préoccupation permanente de tous les laboratoires fabriquants des protéines plasmatiques thérapeutiques.
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Le plasma humain Le plasma est le liquide clair que l’on obtient après avoir retiré du sang les globules rouges, les leucocytes (globules blancs) et les plaquettes. Il est composé à 90 % d'eau chargée de sels, d’enzymes, de lipides, d’anticorps, et d’hormones. Il sert à transporter les cellules sanguines et les hormones à travers le corps. Il représente à lui seul 55 % du volume sanguin, soit environ 2750 ml à 3300 ml de plasma dans le corps d'un individu adulte.
Le plasma est particulièrement riche en protéines, notamment en albumine (à hauteur de 60 % des protéines), qui contribue à la distribution des fluides au sein de l'organisme. Cette protéine joue un rôle capital dans la rétention de l'eau dans les vaisseaux et participe activement au maintien de la pression artérielle et à l'efficacité cardio-circulatoire. Des perfusions d'albumine sont indiquées dans le cas d'insuffisance hépatique, et chez les grands brûlés par exemple
Le plasma est également riche en immunoglobulines, une autre famille de protéines plasmatiques. Elles permettent la prévention ou la lutte contre des maladies telles que les déficits immunitaires primitifs, certaines maladies neurologiques, le tétanos, les hépatites, la rubéole.
Le plasma contient également environ une douzaine de facteurs de coagulation, dont les plus connus sont les facteurs anti-hémophiliques. Un déficit héréditaire de l’une de ces protéines peut provoquer des hémorragies graves (comme chez les hémophiles A et B).
Le plasma congelé à - 25°C a une durée de vie d'un an.
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Les protéines plasmatiques Le plasma contiendrait 300 protéines différentes.
Les protéines les plus représentées en proportion sont les suivantes:
Albumine : 60% Anticorps (Immunoglobulines): 20% (essentiellement des IgG) Fibrinogène : 5% Alpha 1 Antitrypsine : 4% Alpha 2 macroglobuline : 4% Transferrine : 3% Lipoprotéines (HDL et LDL) : 8%
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Le développement des technologies par recombinaison génétique En parallèle, les industriels spécialistes des médicaments dérivés du plasma investissent dans le développement des technologies recombinantes. Dans le traitement de l’hémophilie, les facteurs de coagulation issus du génie génétique existent depuis une quinzaine d’années. Dans la majorité des pathologies traitées par les médicaments dérivés du plasma à ce jour, la spécificité ou la variété des protéines ne permettent toutefois pas encore le recours à la technologie recombinante. Des programmes de recherche sont en cours dans de nombreux domaines (Albumine, Alpha-1 antitrypsine, anti-D etc.), mais ne devraient pas aboutir avant plusieurs années
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Un processus de fabrication très complexe Avant d’obtenir un médicament constitué de protéines plasmatiques thérapeutiques, il faut identifier les protéines contenues dans le plasma collecté Ces protéines ont des fonctions thérapeutiques précises et indispensables à l’organisme du patient. Par le procédé industriel du fractionnement, ces protéines sont identifiées et isolées, pour être ensuite purifiées et concentrées.
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Les principales protéines fractionnées sont :
- L’albumine: Indiquée dans le choc hypovolémique (hémorragie grave) avec hypoalbuminémie, elle est également utilisée chez le grand brûlé ou chez les patients atteints d'insuffisance hépatique.
- Les immunoglobulines polyvalentes (IgG) : Elles sont indiquées chez les patients déficitaires en immunoglobulines avec des infections extrêmement graves dues à l’absence de protection par les anticorps . Elles sont également utilisées dans un grand nombre de pathologies auto-immunes, faisant suite à une agression du corps par le système immunitaire « déréglé ». Les immunoglobulines issues de donneurs « sains » permettent de « rééquilibrer » le système immunitaire.
- Les facteurs de coagulation : Les déficits en facteurs de la coagulation les plus fréquents sont : l’hémophilie A (déficit en FVIII) et la maladie de Willebrand, (déficit en facteur von Willebrand), . .Les autres déficits sont l’hémophilie B (déficit en facteur IX) puis les déficits en facteur VII et en facteur XIII.
- Le fibrinogène, le complexe prothrombique et le facteur VII activé peuvent également être utilisés dans le cas d’hémorragies graves non contrôlées chez des sujets non déficitaires.
Ces protéines sont administrées sous la forme d’un médicament biopharmaceutique contenant soit une seule protéine spécifique, soit un pool de protéines, provenant de milliers de donneurs différents. De par leur action thérapeutique et leur diversité, elles permettent le rétablissement des mécanismes de défense immunitaires ou la régulation du système du patient.
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Une économie différente de l’industrie pharmaceutique « traditionnelle » La complexité du processus de fractionnement et les exigences de sécurisation alourdissent le coût de production: 60% du coût global pour les Médicaments Dérivés du Plasma versus 25% pour les médicaments de l’industrie pharmaceutique « classique » (avant amortissements des frais de R&D). Le prix de la matière première (le plasma humain) et ses fluctuations font en outre peser de fortes pressions sur les coûts de production.
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Les Protéines Plasmatiques Thérapeutiques et les produits sanguins labiles : des différences importantes Il est important de bien comprendre les différences intrinsèques qui existent entre les protéines thérapeutiques plasmatiques et les produits sanguins labiles (globules rouges, plaquettes, globules blancs). Ces différences se situent tant au niveau du mode de collecte (cf. Fiche n°2) qu’au niveau de la production des produits finis.
En France ; les produits sanguins labiles n’ont pas le statut de médicament. Ils n’en ont également pas les caractéristiques. Ces produits ont en effet une durée de vie très courte et sont donc destinés à une utilisation rapide dans leur pays d’origine.
Les protéines plasmatiques thérapeutiques ont, en revanche, le statut de médicament. Elles sont encadrées par les réglementations internationales dont la Directive Européenne 2001/83 et circulent en principe librement à l’échelle mondiale. Leur processus de fabrication (fractionnement) est long et complexe (cf. supra) et dure en moyenne six mois. Les protéines plasmatiques thérapeutiques sont donc des produits finis qui résultent de ce processus et ont une durée de vie beaucoup plus longue, jusqu’à plusieurs années.
Les mesures juridiques ou réglementaires sont appliquées de manière générale aux protéines plasmatiques thérapeutiques et aux produits sanguins labiles, sans tenir compte de la spécificité des premiers. Il en résulte une restriction dommageable aux patients, parfois gênés dans l’accès à leurs traitements.
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